Lisse, doux et brutal à la foi, poignant mais voluptueux, s
Lisse, doux et brutal à la foi, poignant mais voluptueux, surprenant timbre de basse. Un son
pur qui fracasse le silence et imprègne toute la pièce de ses vibrations puissantes. Cymbale.
Roulement.
Grosse caisse.
Mouvement raide, hypnotique, accompagne la ligne de basse, caresse la mélodie. Le rythme pénètre en moi, le son se propage sous ma peau, remplit ma tête et commence à
résonner entre mes tempes, s'amplifie, s'amplifie...
Une chaleur reposante enveloppe peu à peu mon corps, le monde tangible se voile et les images
laissent place à des sensations tellement intenses qu'elles en restent indescriptibles. Mes sens
sont annihilés et réalité s'efface, je succombe à la suprématie de la pureté et me laisse
plonger dans une douce léthargie.
La basse descend d'une octave, balance comme une pluie de notes graves, graves... ces notes qui dégagent une beauté si calme et imposante qu'on en reste sans voix, ces notes dont la
dure lourdeur nous allège, nous soulage, nous apaise. Mes paupières tombent et mon esprit
décolle, entraîné par ce mouvement incapable, indomptable, dont la majesté nous asservit.
Etrange paradoxe que de se complaire dans une telle soumission pour oublier celles que l'on fuit,
mais qui ne s'agenouille pas devant un soupçon de jouissance?
Guitare.
Une soudaine averse d'arpèges me recouvre et il me semble qu'elle lave mon esprit de toute la noirceur que ce monde y a fiît naître. Les notes coulent elles coulent...
je voix apparaître comme des vagues de sons étincelants à chaque crescendo, à chaque mesures... long voyage sur un océan de musique...
Piano.
Des notes cristallines viennent parsemer les vagues de leur douceur argentée...
Ca y'est, je monte et je vois le sommet, je m'élève comme portée par cette
symphonie de notes, par cette tempête d'instruments,
et je sens que j'arrivent haut... tout en haut. Plus rien ne compte, plus rien n'est vrai,
tout est juste beau.
Et très vite je retombe. Le silence est revenu. la réalité m'assaille à nouveau.
Mais je me rappelle comment c'était là haut... un voyage sur un océan de musique,
incomparable, irremplaçable voyage...
et la chaleur.